Le croyant perd son statut de voyageur dès qu’il entre dans sa ville de résidence, même s’il n’est pas encore arrivé chez lui.
À partir de ce moment-là, il est considéré comme résident et doit accomplir ses prières normalement, sans raccourcissement ni regroupement liés au voyage.
Ce qui compte est l’état dans lequel il se trouve au moment où il accomplit la prière, et non l’endroit où il se trouvait lorsque l’heure de cette prière est entrée.
Ainsi, s’il était en voyage à l’entrée de l’heure mais qu’il rentre avant de prier, il prie en tant que résident ; à l’inverse, s’il prie encore en voyage, il peut appliquer les règles du voyage.
Voyons ensemble les explications complètes et précises des savants de l’Islam à ce sujet.
Le critère du moment de l’accomplissement de la prière (Sheikh Ibn Baz)
La question : Le voyageur, si l’appel à la prière est lancé alors qu’il est encore en ville et qu’il souhaite ensuite partir en voyage, peut-il raccourcir la prière ?
Réponse :
Il peut partir en voyage et accomplir cette prière en voyage.
Par exemple, si l’adhan du Dhuhr est lancé puis qu’il sort et la prie en voyage, il la prie raccourcie.
Ce qui compte, c’est le moment où la prière est accomplie.
S’il entre dans la ville, dans son pays, sans avoir encore prié, il devra la prier complète (quatre unités), même si le temps de la prière est entré alors qu’il était en voyage.
Donc, si l’heure du Dhuhr arrive pendant le voyage mais qu’il n’a pas encore prié et qu’il entre ensuite dans sa ville, il la prie en quatre unités.
Et si l’adhan est lancé alors qu’il est en ville puis qu’il sort et la prie en voyage, il la prie en deux unités.
Question : Donc le critère est le moment de l’accomplissement ?
Réponse : Oui, le moment de l’acte.
Question : Comme celui qui se rappelle d’une prière de voyage alors qu’il est résident ?
Réponse : Il la prie en quatre unités, car l’excuse a disparu.
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La fin des règles du voyage à l’arrivée en résidence (Sheikh Ibn Baz)
Question :
Quel est le حكم (statut) du regroupement et du raccourcissement pour le voyageur lorsqu’il arrive en ville ?
Réponse :
Lorsque le voyageur arrive dans sa ville (de résidence), le raccourcissement et le regroupement prennent fin, car ils sont liés à une cause qui est le voyage.
Donc, lorsqu’il arrive dans sa ville, le voyage cesse.
Ainsi, si l’heure du Dhuhr entre alors qu’il est encore en route, sans être arrivé en ville, puis qu’il arrive en ville sans avoir prié, combien prie-t-il ?
→ Il prie quatre unités.
Et regroupe-t-il Dhuhr avec ‘Asr dans ce cas ?
→ Non.
Car le voyage est terminé.
Inversement, si l’heure du Dhuhr entre alors qu’il est dans sa ville, puis qu’il voyage avant de prier, c’est-à-dire que l’adhan est appelé alors qu’il est en ville, puis il sort avant de prier et prie ensuite en voyage :
→ Il prie deux unités.
Même si l’heure est entrée alors qu’il était résident, il prie deux unités car il prie en état de voyage, conformément à la parole d’Allah (sens du verset) :
« Et lorsque vous parcourez la terre, il ne vous est pas reproché de raccourcir la prière » (Sourate An-Nisā’, 4:101).
Et à l’inverse du premier cas :
Si l’heure de la prière arrive alors qu’il est en voyage puis qu’il rentre dans sa ville sans avoir prié, il prie quatre unités, car le voyage est terminé.
Cependant, si une personne est dans une ville qui n’est pas la sienne, elle doit répondre à l’appel à la prière, prier avec les musulmans, et prier quatre unités.
Cela repose sur les paroles du Prophète ﷺ :
« L’imam n’est institué que pour être suivi »
et
« Ce que vous attrapez de la prière, accomplissez-le, et ce que vous avez manqué, complétez-le »
Et sur la parole de Ibn Abbas (qu’Allah soit satisfait de lui), lorsqu’on lui demanda :
« Pourquoi l’homme prie deux unités seul, mais quatre avec l’imam ? »
Il répondit : « Telle est la Sunna ».
Cette question prête à confusion pour certains.
On dit à quelqu’un : « Prie, l’adhan a été appelé », et il répond : « Je suis en voyage », comme s’il pensait que le voyageur n’est pas concerné par la prière en groupe.
C’est une mauvaise compréhension.
Le voyageur est concerné par la prière en groupe.
Allah a même ordonné la prière en groupe en situation de peur :
« Et lorsque tu es parmi eux et que tu diriges la prière… » (Sourate An-Nisā’, 4:102)
Or, cette situation de peur concernait les voyages du Prophète ﷺ.
Donc en situation de sécurité, cela est encore plus évident.
Ainsi, on dit au voyageur :
« As-tu entendu l’appel à la prière ? »
S’il dit oui, on lui dit : « Réponds-y ».
De même, si le voyageur se trouve dans une ville et que l’heure de la prière du vendredi arrive, et qu’il dit : « Je suis en voyage, je ne vais pas à la الجمعة », que lui répond-on ?
On lui dit :
« N’es-tu pas croyant ? »
Puis on lui rappelle la parole d’Allah :
« Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du vendredi, accourez à l’évocation d’Allah… » (Sourate Al-Jumu‘ah, 62:9)
En revanche, s’il est en voyage (sans être installé dans une ville), alors la prière du vendredi ne lui est pas obligatoire et elle n’est pas valide pour lui, car le Prophète ﷺ ne l’accomplissait pas durant ses voyages.
Et il a dit :
« Priez comme vous m’avez vu prier »
et
« Celui qui accomplit un acte qui ne fait pas partie de notre ordre, cela est rejeté ».
Enfin, si un voyageur dirige la prière pour des résidents :
→ Il prie deux unités
→ Et il les informe qu’il est en voyage
→ Puis, lorsqu’il termine, eux complètent leur prière.
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