Les dix annulatifs de l'Islam sont les grandes causes qui peuvent faire sortir une personne de l'Islam lorsqu'elles sont commises avec leurs conditions et sans empechement.
Ils sont connus a partir de l'epitre “Nawaqid al-Islam” du Cheikh Muhammad ibn Abd al Wahhab, puis expliqués par des savants comme le Cheikh Ibn Baz, le Cheikh Ibn Uthaymin, le Cheikh Al Albani et bien d’autres; notamment pour rappeler qu'il faut distinguer l'acte annulatif du jugement porté sur une personne precise.
Voici donc un rappel résumé de ces annulatifs, avec les limites importantes à garder en tête afin d'apprendre à protéger sa foi sans tomber dans certains excès.
1er annulatif : Le shirk dans l’adoration d’Allah
C’est le fait de vouer une adoration à autre qu’Allah en y adressant une invocation, un sacrifice, un vœu ou autres demandes de secours surnaturel en y espérant une issue favorable.
Il est tout à fait permis d’aimer une personne, de la respecter et de l’honorer pour sa piété; mais il ne faut en aucun cas lui adresser un acte d’adoration.
2ème annulatif : Placer des intermédiaires entre soi et Allah
C’est le fait de prendre des intermédiaires qu’on invoque, à qui l’on demande l’intercession, ou sur qui l’on place sa confiance.
Le Cheikh Ibn Baz rapporte la formulation : « Celui qui met entre lui et Allah des intermédiaires, les invoque, leur demande l’intercession et place sa confiance en eux, a mécru par consensus. »
Le problème visé est d’invoquer les morts, les absents, les anges, les prophètes ou les saints comme médiateurs divinisés.
3ème annulatif : La considération de la mécréance du polythéiste
Celui qui ne déclare pas mécréants les polythéistes, doute de leur mécréance ou considère leur voie correcte, a mécru.
Les savants précisent que cela vise la mécréance claire et catégorique, comme les religions qui rejettent l’Islam ou les apostasies établies sans ambiguïté.
4ème annulatif : Croire qu’une voie est meilleure que celle du Prophète ﷺ
Cela inclut croire qu’un jugement ou une législation est meilleure, égale ou préférable à la législation révélée.
Le Cheikh Ibn Baz explique que cela inclut le fait de penser que :
- les lois humaines sont meilleures ou équivalentes aux lois d’Allah,
- que les lois d’Allah ne conviendraient plus à l’époque moderne.
5ème annulatif : Détester une chose apportée par le Prophète ﷺ
Ibn Bâz cite le verset : ذَٰلِكَ بِأَنَّهُمْ كَرِهُوا مَا أَنْزَلَ اللَّهُ فَأَحْبَطَ أَعْمَالَهُمْ
Traduction rapprochée du sens du verset 9 de la sourate 47 : « C’est parce qu’ils ont détesté ce qu’Allah a fait descendre. Il a donc rendu vaines leurs œuvres. »
Attention : il faut distinguer entre une âme faible qui trouve une obligation difficile, et une personne qui déteste la religion elle-même ou rejette intérieurement ce qu’Allah a révélé.
6ème annulatif : Se moquer d’une chose de la religion
Cela concerne la moquerie envers Allah, Ses versets, Son Messager ﷺ, la religion, la récompense ou le châtiment. Ibn Bâz cite le verset :
قُلْ أَبِاللَّهِ وَآيَاتِهِ وَرَسُولِهِ كُنْتُمْ تَسْتَهْزِئُونَ لَا تَعْتَذِرُوا قَدْ كَفَرْتُمْ بَعْدَ إِيمَانِكُمْ
Traduction rapprochée du sens des versets 65 et 66 de la sourate Tawbah : « Dis : Est-ce d’Allah, de Ses versets et de Son Messager que vous vous moquiez ? Ne vous excusez pas : vous avez bel et bien mécru après avoir eu la foi. »
Le Cheikh Ibn Baz précise que se moquer de l’Islam, du tawhîd, de la prière, de la zakât ou d’une chose de la religion est une apostasie si la moquerie vise la religion elle-même.
Mais se moquer d’une personne pour un défaut physique ou vestimentaire, sans viser sa religion, reste un péché grave, pas forcément une apostasie.
7ème annulatif : La sorcellerie
Le Cheikh Ibn Bâz cite la sorcellerie, notamment le sarf et le ‘atf, c’est-à-dire les pratiques destinées à séparer ou attacher artificiellement les cœurs comme étant un annulatif de l’Islam.
Les savants expliquent que si la sorcellerie implique du shirk clair, comme invoquer les démons, se soumettre à eux ou profaner le Qur’an, c’est de la mécréance.
8ème annulatif : Soutenir les polythéistes contre les musulmans
Aider les polythéistes et les soutenir contre les musulmans est un annulatif de l’Islam comme nous l’explique le Cheikh Ibn Baz en s’appuyant sur le verset 51 de la sourate 5 :
وَمَنْ يَتَوَلَّهُمْ مِنْكُمْ فَإِنَّهُ مِنْهُمْ
Traduction du sens rapproché du verset : « Celui d’entre vous qui les prend pour alliés est alors des leurs. »
Cela vise l’aide hostile, l’alliance religieuse ou militaire contre les musulmans.
Ce n’est pas le simple bon comportement, le commerce, la justice, le voisinage ou les relations permises avec des non-musulmans.
9ème annulatif : Croire que certaines personnes ne sont pas concernés par les enseignements du Prophète Mohamed ﷺ
Croire que certaines personnes, par “sainteté”, connaissance, spiritualité ou rang, n’auraient plus besoin de suivre les enseignements du Prophète Mohamed ﷺ.
Ibn Bâz cite la sourate Al Imran, verset 85 (traduciton du sens rapproché) : « Quiconque recherche une religion autre que l’Islam, cela ne sera pas accepté de lui. »
10ème annulatif : Se détourner totalement de la religion d’Allah
Se détourner de la religion d’Allah, ne pas l’apprendre et ne pas la pratiquer.
Cela est expliqué par le Cheikh Ibn Baz via la sourate Sajdah, verset 22 (traduction du sens rapproché) : « Qui est plus injuste que celui à qui les versets de son Seigneur sont rappelés puis qui s’en détourne ? »
L’annulatif visé ici est l’abandon du fondement même de l’Islam, pas le simple fait d’être imparfait ou pécheur.
Les annulatifs de l’Islam ne doivent pas faire outrepasser certaines limites
Les savants expliquent qu’il faut faire la différence entre dire qu’un acte est un annulatif et déclarer qu’une personne précise est sortie de l’Islam.
Le Cheikh Ibn Uthaymin rappelle qu’on ne juge pas un individu précis avant de vérifier que l’acte est bien de la mécérance, puis que les conditions sont réunies et que les empêchements sont absents : ignorance, contrainte, erreur, mauvaise compréhension, etc.
Le Cheikh Al Albani disait aussi que ce genre de jugement revient aux gens de science, pas à n’importe qui.
Un musulman peut tomber dans une parole ou un acte très grave sans que l’on puisse automatiquement dire : “Untel n’est plus musulman.”
On apprend les annulatifs pour protéger notre foi, pas pour “juger” les autres.
On peut dire : “Cette parole est dangereuse”, ou “cet acte fait partie des annulatifs”, mais désigner une personne précise demande science, preuve, conditions et absence d’empêchements.