Que dire dans l'oreille du nouveau né en Islam ?

Que dire dans l'oreille du nouveau né en Islam ?

En Islam, il n’existe pas de parole clairement authentifiée à dire dans l’oreille du nouveau-né, car les hadiths concernant l’adhan à ce moment sont sujets à divergence et majoritairement jugés faibles.

Cependant, certains savants ont tout de même permis de le faire par précaution ou par renforcement des chaînes, tandis que d’autres recommandent de s’en abstenir en l’absence de preuve solide.

Pour bien comprendre quoi faire concrètement, il faut donc distinguer les pratiques authentiques établies dans la Sunna de celles qui reposent sur des hadiths faibles.

Hadith sur l’adhan dans l’oreille du nouveau né

Abû Râfi‘ rapporte :

J’ai vu le Messager d’Allah ﷺ prononcer l’appel à la prière (adhan) dans l’oreille de al-Hasan ibn ‘Alî lorsque Fâtima l’a eu comme enfant.

Source : Sunan Abi Dawud 5105, jugé “hasan” (bon) selon le Cheikh Muhammad Nasiruddin al-Albani.

Avis du Cheikh Rabi‘ Al-Madkhali sur ce qu’il faut dire dans l’oreille du nouveau né 

Question :

Quelle est la règle concernant l’adhan et l’iqama dans les oreilles du nouveau-né ?

Réponse :

Par Allah, cela est faible. Le hadith à ce sujet est faible. Et puisqu’il est faible, nous ne pouvons pas dire que c’est recommandé ni obligatoire, car le caractère recommandé est un jugement religieux, et l’obligation encore plus à raison…

Oui, l’‘aqiqa, le fait de donner un nom, et le tahnik (mettre quelque chose de sucré dans la bouche du nouveau-né) sont authentiquement établis dans la Sunna. Quant à l’adhan, cela n’est pas confirmé : il a été rapporté à ce sujet un hadith faible.

Avis du Cheikh Ibn Baz

Question :

La question, noble cheikh, concerne l’adhan dans l’oreille droite du nouveau-né et l’iqama dans son oreille gauche ?

Réponse :

Cela est considéré comme légiféré par un groupe de savants. Certains hadiths ont été rapportés à ce sujet, mais leur chaîne de transmission comporte des faiblesses. Ainsi, si le croyant le fait, c’est une bonne chose, car cela relève des actes recommandés et des œuvres surérogatoires.

Dans la chaîne de transmission se trouve ‘Âsim ibn ‘Ubayd Allah ibn ‘Âsim ibn ‘Umar ibn al-Khattâb, et il présente une faiblesse, mais ces hadiths ont des voies de renforcement.

Le Prophète ﷺ a nommé son fils Ibrâhîm, mais il n’a pas été rapporté qu’il ait fait l’adhan lorsqu’Ibrâhîm est né. Il l’a simplement nommé, et il n’a pas été rapporté non plus qu’il ait fait l’adhan dans son oreille droite ni l’iqama dans la gauche.

De même, les enfants des Ansâr qu’on lui apportait pour qu’il leur fasse le tahnik et leur donne un nom : je n’ai pas connaissance qu’il ait fait l’adhan dans l’oreille de l’un d’eux ni l’iqama.

Cependant, si le croyant le fait en raison des hadiths mentionnés, il n’y a pas de mal, car certains se renforcent mutuellement. Donc, la question est large : s’il le fait, c’est bien en raison de ces hadiths qui se soutiennent entre eux, et s’il le délaisse, il n’y a pas de mal.

L’évolution de l’avis du Cheikh Al Albani

Le hadith de l’adhan dans l’oreille du nouveau-né a été d’abord envisagé comme potentiellement renforçable, puis après étude approfondie, jugé faible tout en rappelant l’importance de suivre les savants sans s’en écarter sans preuve.

  • Le hadith a été initialement affaibli par certains savants comme Ibn al-Qayyim
  • Une possibilité de renforcement (hasan) a été envisagée
  • Après réexamen, il a été clairement jugé faible
  • L’exemple sert à illustrer une méthodologie : prudence et suivi des savants
  • Il ne faut pas rejeter un avis sans preuve claire ni se précipiter dans le jugement

Le sujet reste basé sur un hadith faible, et la bonne approche consiste à rester prudent et méthodologique dans son jugement.

Voici la retranscription complète du Cheikh sur ce sujet.