Le monde du Barzakh en Islam désigne la vie intermédiaire qui commence après la mort et dure jusqu’à la résurrection.
C’est une réalité de l’invisible rapportée par le Coran et la Sunna, que le croyant accepte sans chercher à imaginer précisément son fonctionnement.
Cette étape n’est pas une simple attente silencieuse : elle comporte une forme d’existence réelle, l’épreuve de la tombe, les questions des anges, ainsi qu’un début de récompense ou de châtiment selon les actes de chacun.
Pour mieux comprendre cette croyance, il faut donc revenir aux paroles des savants, aux versets du Coran et aux hadiths authentiques qui décrivent le Barzakh sans dépasser les limites de ce qui nous a été révélé.
La croyance au barzakh : une vérité de l’invisible à accepter sans chercher le “comment”
Le Cheikh Ibn Baz nous dit au sujet de la croyance au “barzakh” (résumé de ses fatwa) :
Il est obligatoire pour le croyant de croire à tout ce qui concerne le barzakh, car cela fait partie des réalités de l’invisible rapportées par le Coran et la Sunna, même si cela dépasse ce que l’on peut observer ou expérimenter.
Cette croyance doit être acceptée même lorsque la réalité exacte de ces choses échappe à notre compréhension, car la vérité repose sur la parole d’Allah et de Son Messager, et non sur notre capacité à tout saisir.
Et le Cheikh Utheymin explique que (résumé de ses fatwa) :
Il est interdit d’aller au-delà des textes en cherchant à imaginer ou expliquer en détail le “comment”, car le barzakh appartient au domaine de l’invisible dont la réalité ne nous a pas été dévoilée.
La vie dans la tombe : une existence réelle mais différente de la vie terrestre
Le Cheikh Ibn Baz nous dit que "La vie dans la tombe est une réalité, mais elle n’est pas comparable à la vie terrestre, car il s’agit d’une forme d’existence particulière propre au barzakh."
Mais aussi que malgré cette différence, le mort possède une forme de perception lui permettant de comprendre les questions qui lui sont posées et d’y répondre.
Le Cheikh Al Utheymin nous explique que la nature exacte de cette perception et de cette vie reste inconnue, car elle relève entièrement du monde invisible.
Le barzakh : une phase universelle qui commence dès la mort jusqu’à la résurrection
Le Cheikh Al Utheymin nous a donné beaucoup de détails concernant la temporalité et l’universalité du barzakh.
Il nous dit qu’il commence immédiatement après la mort et se poursuit jusqu’au Jour de la résurrection, constituant une phase intermédiaire obligatoire pour tous les êtres humains.
Cette condition est universelle et ne varie pas d’une personne à une autre, peu importe le moment de la mort ou la durée apparente entre deux individus.
Dès cette phase, les conséquences des actes commencent déjà à se manifester, avec une forme de récompense pour les obéissants et de châtiment pour les désobéissants.
L’épreuve de la tombe : les questions des anges et le destin qui en découle
Le cheikh Ibn Baz nous informe précisément sur ce qui nous arrive dans la tombe. Voici un traduction résumée de ses propos :
Le mort est interrogé dans sa tombe par deux anges sur les fondements de sa foi, ce qui constitue une étape centrale de l’expérience du barzakh.
La manière dont il répond à ces questions détermine immédiatement sa situation, soit vers la félicité soit vers le châtiment.
La tombe est soit un jardin parmi les jardins du Paradis, soit une fosse parmi les fosses de l’Enfer.
Les preuves du barzakh dans le Coran et la Sunna
Il existe de nombreuses mentions du barzakh en Islam, que ce soit dans le Coran et les hadith.
Les versets du Coran
Sourate Al Muminun (23) versets 99 et 100 (traduction rapprochée du sens) :
« …Et derrière eux il y a un barzakh jusqu’au jour où ils seront ressuscités. »
Sourate Ghafir (40) verset 46 :
« Le feu auquel ils sont exposés matin et soir… »
Les hadith sur le barzakh
Premier hadith
Lorsque le serviteur est placé dans sa tombe et que ses compagnons s’en vont, il entend le bruit de leurs sandales.
Deux anges viennent à lui, le font asseoir et lui disent :
« Que disais-tu au sujet de cet homme, Muhammad ﷺ ? »
Le croyant répond :
« Je témoigne qu’il est le serviteur d’Allah et Son Messager. »
On lui dit alors :
« Regarde ta place en Enfer : Allah te l’a remplacée par une place au Paradis. »
Il les voit toutes les deux.
Quant au mécréant ou à l’hypocrite, il dit :
« Je ne sais pas, je disais ce que les gens disaient. »
On lui dit :
« Tu n’as ni su ni suivi. »
Puis il est frappé avec un marteau de fer et pousse un cri que tout entend sauf les humains et les djinns.
Source : hadith authentique rapporté par Sahih al-Bukhari (n°1338)
Deuxième hadith
Lorsque l’un de vous meurt, sa place lui est montrée matin et soir.
S’il fait partie des gens du Paradis, alors une place parmi les gens du Paradis lui est montrée.
Et s’il fait partie des gens du Feu, alors une place parmi les gens du Feu lui est montrée.
On lui dit : « Voici ta place jusqu’à ce qu’Allah te ressuscite le Jour de la Résurrection. »
Source : hadith authentique rapporté par Sahih al-Bukhari (n°1379)
Troisième hadith
Le Prophète ﷺ passa près de deux tombes et dit :
« Ils sont tous deux châtiés, et ils ne sont pas châtiés pour une chose difficile à éviter. »
Puis il dit :
« L’un d’eux ne se protégeait pas de son urine, et l’autre colportait la médisance. »
Ensuite, il prit une branche fraîche, la coupa en deux et planta chaque morceau sur une tombe.
On lui demanda pourquoi, et il répondit :
« Peut-être que leur châtiment sera allégé tant qu’elles ne sècheront pas. »
Source : hadith authentique rapporté par Sahih al-Bukhari (n°216)
Quatrième hadith
La tombe est soit un jardin parmi les jardins du Paradis, soit une fosse parmi les fosses de l’Enfer.
Source : hadith rapporté par Jami at-Tirmidhi (n°2460)