Le statut de l'alcool en Islam

Le statut de l'alcool en Islam

L’alcool et toute boisson énivrante est interdite (haram) à la consommation en Islam, sans divergence, et constitue un grand péché.

Le musulman qui boit de l’alcool ne sort pas systématiquement de l’Islam, mais il doit arrêter, regretter son acte et se repentir sincèrement en ayant pour intention de ne pas recommencer.

De plus, sa prière n’est pas acceptée durant 40 jours bien que son accomplissement reste obligatoire.

Le statut du musulman qui boit de l’alcool

Comme dit précédemment, le musulman buvant de l’alcool ne sort pas de l’Islam, mais avec une nuance supplémentaire est qu’il reconnaît que bien qu’il boive, cela reste un grand péché.

Au moment où il boit, sa foi est très fortement impactée :

Le Prophète ﷺ a dit :

« Celui qui commet la fornication ne la commet pas tout en étant croyant. Celui qui boit de l’alcool ne le boit pas tout en étant croyant. Celui qui vole ne vole pas tout en étant croyant. Et celui qui s’empare publiquement d’un bien vers lequel les gens lèvent les yeux ne le fait pas tout en étant croyant. »

Source : hadith rapporté par Abu Hurayra, Sahih Al Bukhari n° 2475 et Sahih Muslim n° 57.

Les savants expliquent que le hadith désigne la disparition de la foi complète obligatoire au moment du péché, et non une sortie automatique de l’Islam.

La prière du buveur pendant quarante jours

Bien que la prière du buveur ne soit pas acceptée durant 40 jours, l’interdiction de l’accomplir reste maintenue et il n’est pas autorisé de l’abandonner. 

Il faut comprendre que ses prières lui permettent de s’acquitter de l’obligation, mais il est menacé d’être privé de leur récompense.

Cependant, il ne doit pas prier en étant ivre et inconscient de ses paroles car sa prière ne serait tout simplement pas valide.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Celui qui boit de l’alcool, aucune prière ne lui est acceptée pendant quarante matins. S’il se repent, Allah accepte son repentir. S’il recommence, aucune prière ne lui est acceptée pendant quarante matins. S’il se repent, Allah accepte son repentir. S’il recommence, je ne sais si cela concernait la troisième ou la quatrième fois, il incombera alors à Allah de lui faire boire de Radghat al khabal au Jour de la Résurrection. »

Source : hadith rapporté par Abdullah ibn Amr, At Tirmidhi n° 1862 et Ahmad, chaine jugée bonne par Ahmad Shakir.

Les malédictions concernant l’alcool

Les personnes impliquées dans l’achat et la vente d’alcool ont été maudites par le Prophète ﷺ.

Pour connaître les personnes concernées, voici un hadith clair :

Anas ibn Malik rapporte :

« Le Messager d’Allah ﷺ a maudit dix personnes concernant l’alcool : celui qui le presse, celui qui demande qu’il soit pressé, celui qui le boit, celui qui le transporte, celui vers qui il est transporté, celui qui le sert, celui qui le vend, celui qui consomme l’argent de sa vente, celui qui l’achète et celui pour qui il est acheté. »

Source : hadith rapporté par Anas ibn Malik, At Tirmidhi n° 1295 et Ibn Majah n° 3381, jugé bon et authentique par Cheikh Al Albani.

Le repentir de la personne buvant de l’alcool

Pour qu’Allah pardonne le grand péché que constitue le fait de boire de l’alcool, il convient de respecter plusieurs points :

  • Arrêter tout de suite
  • Regretter sincèrement de l’avoir fait
  • Demander pardon à Allah
  • Avoir l’intention de ne pas recommencer

Si une personne a subi un ou des préjudices à cause de cette consommation, il convient de faire le nécessaire pour la réparer.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Celui qui se repent d’un péché est semblable à celui qui n’a commis aucun péché. »

Source : hadith rapporté par Abdullah ibn Masud, Ibn Majah n° 4250, jugé bon par Cheikh Al Albani dans Sahih Ibn Majah n° 3446.

Même en cas de rechute, le repentir est possible s’il respecte les conditions précédemment citées.

Il ne faut pas désespérer de La Miséricorde d’Allah, tout en craignant Son Jugement, dans un juste milieu en ne se disant jamais que de toute façon nous serons pardonnés.

Les compagnons qui buvaient avec l’interdiction

Certains compagnons (sahaba) buvaient de l’alcool avant qu’il ne soit interdit définitivement.

Dans ce cas là, cela ne leur a pas été compté comme étant des péchés.

Car dès que l’interdiction fut apprise, ils ont immédiatement vidé leurs récipients contenant de l’alcool et n’ont pas recommencé; mais aussi du fait que l’interdiction n’était précédemment pas présente.

Anas ibn Malik rapporte :

« Je servais à boire aux gens le jour où l’alcool fut interdit, dans la maison d’Abu Talha. Leur boisson n’était alors préparée qu’avec des dattes fraîches et des dattes sèches. Soudain, un homme se mit à faire une annonce.

Abu Talha me dit : “Sors et regarde.” Je sortis et j’entendis l’homme annoncer : “L’alcool vient d’être interdit.” L’alcool se mit alors à couler dans les rues de Médine. Abu Talha me dit : “Sors et verse-le.” Je le versai. Certains dirent alors : “Untel et untel sont morts alors que l’alcool se trouvait encore dans leur ventre.”

Allah révéla : “Aucun reproche n’est fait à ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres pour ce qu’ils ont consommé auparavant.” »

Source : hadith rapporté par Anas ibn Malik, Sahih Al Bukhari n° 2464 et Sahih Muslim n° 1980.